Les multiples visages du Burkina-Faso (partie 1)

Posté le 21/11/2013 | Auteur: Marc BOURREAU

Une semaine de vacance : voyage au cœur d'un pays en pleine mutation, entre tradition, modernité et le besoin d'un nouveau souffle.

A côté de sa voiture verte  pomme  en mauvais état, le taximan est bien le seul à ne pas souffrir de la chaleur écrasante. « Bonne arrivée » lance-t-il avec un grand sourire.

 

Ouagadougou, près d'un million et demi d'habitants, capitale tumultueuse d'un Burkina Faso en pleine mutation. Au milieu des valises et des sacs, à l'arrière de sa vieille 405 break aux portières défoncées, un concert de klaxons et un ballet de moto dites « Djakarta » importées de Chine. « Le Burkina-Faso est le deuxième pays au monde comptant le plus grand nombre d’utilisateurs de deux roues », explique le pilote, qui slalome entre les véhicules et les nids de poules.

 

Elles sont loin les grandes et larges routes du périphérique parisien, empruntées encore tout récemment le matin pour se rendre à l’aéroport Charles de Gaulle.

 

Ici, le sens de la circulation est anarchique, et les routes sont recouvertes d’un épais nuage de poussière rouge.

 

Poulet frit

 

Des maisons en brique, on passe aux habitations précaires, soutenues par de la taule. Le premier hébergement qui échappe à la règle c'est la maison en pierre de Christophe, un cadre supérieur de la ville. A l'intérieur, les ventilateurs tournent à plein régime et l'eau reste au frais dans le frigo. Autour de la table du salon, il embraye rapidement sur la politique et le besoin de changement dans ce pays de 16 millions d'habitants, l'isolement des populations rurales, laissées pour compte par le pouvoir actuel, mais aussi les complications administratives pour l'accès aux médicaments et à l'eau. Aujourd'hui, il manque un homme de terrain, capable d'impulser un nouveau souffle. Le pouvoir est bien trop loin des préoccupations du peuple, enfermé dans ses villas luxueuses et ultra-protégées du quartier de « Ouaga 2000 ».

 

La discussion se poursuit autour d'un poulet frit, dans un restaurant sur le campus de Ouagadougou. Christophe raconte que les amants s'y retrouvent le soir et se dégottent une place dans la pénombre pour ne pas être repérés. Ironie du sort, c'est à cela qu'on les reconnaît.


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