Salone sweet Salone (partie 2)

Posté le 21/08/2013 | Auteur: Emila OITCHAYOMI

 How is Business ?

 

10 ans de guerre. Forcément ça marque. Humainement mais surtout économiquement.

 

Freetown aujourd’hui c’est quoi ?

Freetown c’est…

 

 

…Une capitale inondée par des ONG internationales qui contribuent plus à faire flamber le prix des loyers qu’à développer le pays. Pourquoi se lave-t-on encore dans l’eau des rivières polluées par les déchets, où tout un chacun peut y faire ses besoins ? Et pourquoi ces enfants en CDI sur les marchés, en CDD à l’école (pour les plus chanceux), parlent à peine anglais ? Et pourquoi pilule la prostitution féminine, premier emploi national, sans restriction sur l’âge?

 

…Des routes goudronnées coûtant des milliards, construites par des chinois qui ont bien compris ce que Business voulait dire. Creuser des égouts fonctionnels ? Pas de problème. En revanche, vous avez signé pour l’offre Starter, pour la Premium il va falloir rallonger. En attendant, en saison des pluies, c’est toute l’économie qui est ralentie. Quand les égouts débordent, l’eau envahit les routes entrainant avec elle déchets et autres insalubrités.

 

…Des libanais et des anglais pour qui visiblement Djimon Hounsou et Leonardo Di Caprio ne méritaient pas leurs oscars. «  Tant qu’y a diamant, on dit toujours y a argent » est leur devise. C’est vrai que les conditions de travail ont évolué depuis. On ne menace plus les récalcitrants de coups de machettes, on donne un salaire quand même alimentaire, et puis on impose la diversité. Tiens si on prenait des indiens ou pakistanais, qu’on leur donnait un mois de congés par an (pour les plus méritants) et sucrait leurs week-ends, ça le fait non ? On les paierait un peu plus que les Sierra-Léonais, juste assez pour alimenter les hostilités. Diviser pour mieux Régner, ça a toujours bien marché !


Finalement Salone appartient à qui ? Et le gouvernement il fait quoi ?


Il garantit la souveraineté de ses citoyens.

Comme en interdisant le droit à la propriété pour les étrangers ? Oui. Il existe d’ailleurs une loi interdisant tout étranger de devenir propriétaire en Sierra Leone. Mais alors comment font-ils ? C’est « easy » : on fait les yeux doux à une jolie sierra-léonaise, illettrée de préférence. On la sort de sa misère quotidienne, puis naïvement, accepte alors de devenir votre femme et de porter vos enfants. Et Bing ! C’est « in the pocket » ! Ne reste plus qu’à signer les papiers, se séparer de celle qu’on a engrossée et de sa progéniture autochtone quelques mois plus tard. Ne surtout pas évoquer la pension alimentaire : nulle.

 

Il encourage à l’entreprenariat national et favorise l’emploi.

Ah….Comme quand les banques accordent des prêts à taux réduits aux libanais pour monter leurs affaires et qu’elles chargent les sierra-léonais de paperasse administrative, garanties en tout genre, et proposent des taux impossibles pour le même service ? Faut dire que les business libanais créent de l’emploi parfois, quand la famille libanaise n’est pas assez nombreuse pour couvrir tous les postes.

 

Je vous donne rendez-vous au chapitre 3 pour l’épilogue de mon séjour.

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