Une opposition de façade au Cameroun ?

Posté le 02/10/2013 | Auteur: Laëtitia EBINE

Avant les résultats du double scrutin législatif et municipal du 30 septembre le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais RDPC (le parti au pouvoir depuis plus de 40ans au Cameroun) peut être certain de recueillir plus de 180 députés à l'Assemblée Nationale. C'est ainsi que se présente l’échiquier politique Camerounais avec un parti ultra dominant et une opposition en quête de visibilité. Pourtant au cours des années 1990, l'ouverture démocratique a donné naissance à plusieurs formations politiques dans le pays. Nous recensons de nos jours près de 300 partis politiques au Cameroun. Il fut un temps où les figures politiques avaient suscités un réel espoir d'une alternative à la tête du pays avec John Fru Ndi, leader du Social Democratic Front (SDF) lors de l'élection présidentielle de 1992. Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. À chaque nouvelle élection le RDPC grignote du terrain et domine toujours de façon outrancière la chambre basse.

Mais alors dans ces conditions l'opposition représente-t-elle encore une alternative crédible à l'omniprésence du RDPC? Il faut se rendre à l'évidence, rien dans les discours ni dans les pratiques politiques n'évolue. On remarque très clairement un positionnement flou de la part de ces oppositions. Les partis politiques de l’opposition ne sont jamais parvenus à s'entendre pour faire bloc au RDPC. C'est toujours en rangs dispersés qu'ils se retrouvent aux élections. Parfois, Ils sont même soupçonnés de connivence avec le pouvoir en place. Les discours de certains se sont fanés avec le temps. C'est ainsi que lors de la récente élection des sénateurs, le RDPC a demandé à ses militants de voter pour des candidats du SDF! Cet appel m'interpelle quant aux réels objectifs de nos oppositions politiques au Cameroun.

 

D'autre part, c'est avec beaucoup de regret que l'on constate que la vie politique au Cameroun est restée figée dans les années 1990. Ce sont les même figures politiques que nous retrouvons toujours ; quand bien même certains ont retourné leurs vestes, tels Augustin Frédérick KODOCK, Samuel EBOUA, Dika Akwa etc. D'autres comme John Fru Ndi, Bello Bouba Maigari, Adamou Ndam Njoya occupent toujours le devant de la scène. Toutefois, une semblant de sang neuf dans les rangs peut être décelé. Peu avant les élections présidentielles de 2011, Edith Kahbang Wallah et Olivier Bilé ont fait irruption sur le devant de la scène politique. Au sein du SDF, le jeune Joshua Osih a aussi pris du galon. Ces petits changements semblent être le signe d'une certaine avancée, même si beaucoup reste à faire.

 

L'espoir réside désormais dans le fait que, dans un future proche, les partis politiques de l’opposition trouve un moyen de ne faire qu'un face et au parti au pouvoir. Il ne suffit pas d'avoir un parti politique et se dire être de l'opposition pour avoir de l’influence. Il faudrait que cette opposition soit visible au fil des ans et pas uniquement au moment des campagnes pour les élections présidentielles ou autres. L'opposition a pour rôle de faire avancer la vie politique camerounaise. C'est un rôle très déterminant dans un système démocratique puis qu'elle pointe le doigt sur les actions du gouvernent qui ne vont pas de pair avec l’utilité publique. Ce qui me pousse à penser que si aujourd'hui l'opposition ne se rend pas encore compte de son rôle déterminant au sein du système politique, c'est bien le signe d’un horizon trouble concernant les affaires politiques au Cameroun!


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Commentaires

  • Djoumessi Jaures (jeudi, 13. février 2014 09:55)

    Avec 300 partis politique, il est impossible de détrôner le RDPC du pouvoir... En plus une opposition sans projet !!!

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