Le métissage: des efforts restent à faire

Posté le 17/06/2013 | Auteur: Isabelle ZONGO

Le métissage amène beaucoup de polémiques telles que le racisme et la difficulté des mélanges de cultures. Paradoxalement, ce mélange apporte une certaine richesse et contribue à la tolérance de demain, selon moi. En effet en observant autour de nous, beaucoup de personnes, issues de milieux géographiques différents, et de cultures différentes se côtoient.

Manu DIBANGO, jazzman Camerounais, a dit : « On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir, chacun a besoin de l’autre pour se révéler ». Parfaite illustration d’un mélange de couleur. Le métissage, mis en exergue par cette citation, n’est visuellement que la symbiose de deux individus, à première vue différents, mais qui dans l’absolu sont complémentaires. J’abonde dans ce sens, mais le métissage ne se limite pas à une couleur de peau. Peut être métis un enfant blanc, un enfant noir, un enfant mulâtre (issu d’une union noir – blanc) et j’en passe ; car être métis ce n’est rien d’autre que d’affirmer une double culture, si ce n’est plus. C’est donc là toute la difficulté d’être métis : il faut s’assumer comme tel et surtout assumer sa différence. Une différence parfois effrayante, qui peut effrayer non seulement la personne concernée mais, aussi les personnes de son entourage. Mais cette différence est intéressante dans la mesure où elle peut faire évoluer les mentalités et les jugements. L’enfant métis est donc le symbole du succès de la différence. En un mot, il est la tolérance même. Pour moi, il semble logique de penser cela, car l’enfant métis reçoit une éducation axée sur deux modes de vie différents, deux cultures différentes ; il va donc de soi qu’il aura deux manières de penser, il aura deux références qu’il pourra confronter pour trouver le juste milieu. Plus encore, il pourra être plus fort face à l’adversité dans la vie, puisque son jugement peut être plus riche. Il est donc évident qu’il possède un plus dès lors qu’il est conçu par ses parents.

J’aimerai donc dire :

Que j’aime voir, une femme noire et un homme blanc main dans la main.

Que j’aime voir, une femme blanche et un homme noir main dans la main.

Que j’aime voir, ces frimousses « café au lait » courir, enfants du mélange, enfants de demain.

Que j’aime voir, dans une manifestation, des Blancs, des Noirs, des Beurs, des Métis, des Jaunes, avancer ensemble pour un meilleur lendemain.

Et par-dessus tout, ce que j’aimerai voir, c’est un monde débarrassé de la peur : la peur de l’autre.

 

Le métissage c’est la résultante logique de l’évolution humaine, même si on veut le combattre, il arrivera quand même. L’homme de demain ne sera pas monochrome, mais sera un subtil mélange de chacune des couleurs humaines. Je dis donc oui à une France métissée harmonieuse et forte de sa richesse.

Imaginez, donc, trois Français, leur béret sur la tête et leur baguette de pain sous le bras.

 

Si vous avez spontanément imaginé un Blanc, un Noir et un Beur, et non trois Blancs, vous avez compris mon message.

 

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